Télé-Viseurs

Projet : Art to Be Gallery Commissaire : Ivan Messac

 

« Chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale »

L’émergence de la téléréalité en 2001 souligne combien la prédiction d’Andy Warhol, lui-même fasciné par la télévision, était pertinente.

En 2017 le téléviseur est un objet en perte de vitesse, alors que l’image est en pleine explosion. Il n’a plus sa place dans notre mobilier, sinon comme simple écran.

Ivan Messac, artiste et commissaire de ce projet, s’intéresse au poste de télévision comme objet symbolique, autant qu’à son design, et qu’aux images qu’il diffuse. « Il fait partie d’une génération qui a vu arriver le petit écran dans les foyers et a mesuré les bouleversements de cette nouvelle fenêtre ouverte sur le monde. »

Pour Ivan Messac, 1963 marque un tournant pour le poste de télévision. Roger Tallon créé le téléviseur portable « Téléavia P111 » élevé ainsi au rang d’objet de design, et presque de sculpture. Quelques années plus tard, en 1970, l’artiste insère la première image de télévision dans son œuvre Ni vu Ni connu : un présentateur a la tête dans l’écran, tandis que ses mains manipulent un jeu de cartes dont les roi et reine sont l’Oncle Sam et Marianne. Il joue symboliquement avec la politique, et cache ce qui devrait être montré aux spectateurs.

C’est autour de cette œuvre qu’a été conçu le projet Télé-Viseurs. Il réunit des œuvres d’artistes emblématiques et incontournables quand on évoque la télévision. Sont présentées des œuvres de Roland Baladi, Sébastien Bayet, François Boisrond, Jacques Monory, Nam June Paik, Bodys Isek Kingelez, Joan Rabascall, SKWAK, Wolf Vostell, et quelques autres. Deux idées se détachent. Pour certains, il s’agit d’une critique, de mettre à mal cet outil des médias, véhicule de pensées politiques et d’émissions puériles. Joan Rabascall et son œuvre « Monument à la télévision Nouvel ordre mondial » de 1992, fait référence à « L’Ordre Nouveau » prôné par des mouvements d’extrême droite. Avec cette sculpture il érige la télévision en monument dont il faut se méfier. D’autres, s’attachent à l’objet en lui-même d’un point de vue esthétique et historique. « Sonorette », sculpture en marbre de 1975 de Roland Baladi la sublime et la place au rayon du quotidien et des souvenirs. François Boisrond nous retrace des grands moments de société diffusés par ce média. Nam June Paik et Wolff Vostell, membres actifs du groupe Fluxus, remplacent le pinceau par la télévision, et l’utilisent comme matériau dans leurs installations critiques de l’image médiatique. Jacques Monory réalise une mise en abîme bleutée des écrans en noir et blanc. En référence à l’Afrique, continent invité par Art Paris, il est présenté, conçue comme un théâtre, une œuvre télévision de Bodys Isek Kingelez.. Concernant Ivan Messac, on retrouvera aussi certaines télévisions de « Impression PrimeTime » de 2005, ainsi que ces dernières créations numériques.

(english)

Artistes présentés :

Ivan Messac (Français), Roland Baladi (Français), Sébastien Bayet (Français), François Boisrond (Français), Ryan Mendoza (Américain), Jacques Monory (Français), Nam June Paik (Coréen), Bodys Isek Kingelez (Congolais), Joan Rabascall (Catalan), SKWAK (Français), Wolf Vostell (Allemand)