Frédérique Fenouil, sculpteur-céramiste de la région d’Anduze,  a choisi la terre comme moyen d’expression. L’originalité de ses céramiques réside dans la dynamique de la forme, dans l’association des couleurs mais surtout dans le graphisme. Elle rompt avec les formes conventionnelles pour laisser libre court à son imagination.

Ses œuvres représentent des portraits de femmes, dont les visages semblent enveloppés d’un masque, sorte de peinture faciale pour nous interroger sur notre façon de regarder autrui. Leurs traits expressifs nous charment par leur naïveté et leur grâce.

Les « filles » de Frédérique Fenouil sont autant d’idéals féminins qui donnent envie d’aimer les filles. Féminines, presque féministes, elles assument sans complexe la tradition artistique de la femme libre, faussement ingénue : celle des Sapho de la Belle Epoque, rehaussées de noir comme sur un vitrail de Jacques Grüber, des nanas généreuses de Niki de Saint-Phalle, ou encore des égéries surréalistes – Gala, Dora… – avec leur nez au trait mutin, leurs pommettes roses et leurs grands yeux de poupées russes, bleu en général, vert parfois. Intemporelles, ces petites stars de cinéma figé sont à la fois Colette, Coco Chanel, Amélie Poulain…

Porteuse d’un érotisme délicat, leur poitrine plus insouciante que provocante révèle la coquetterie pour ce qu’elle est : l’art de mettre en valeur, et non pas de dissimuler. Sans tabou, les filles de Frédérique respirent mieux. Fard, bijoux, coiffures, robe et accessoires… : « J’adore leur créer de belles robes, les parer de bijoux, de sacs à main, de chapeaux. En fait, je continue de jouer à la poupée ! », confie l’artiste. Qui poursuit : « Mes œuvres sont simples, enfin je crois ! ». Simples, c’est à voir. Complexes, peut-être pas, mais complètes, certainement. Par l’équilibre des formes, qui autorise ses filles à rester elles-mêmes dans toutes les postures : en pied, mais aussi en boîte, sur le galbe d’un vase ou la surface aplanie d’une table de salon. Par la recherche des couleurs, joyeuses mais pas chamarrées, où les ocres dominent, où la terre fait le lien. Par, enfin, ce pouvoir qui distingue l’artiste du technicien de donner à son œuvre une âme et d’exalter simplement l’essentiel – surtout lorsque l’essentiel est aussi complexe (on y revient) que la féminité. Ajoutez à cela la magie de la terre et la douceur de la céramique : les filles de Frédérique ne sont pas à vendre, elles sont à épouser

Source: site de l’artiste

Exposition Be Happy